Santé

Remède de grand-mère pour faire baisser le potassium : les gestes utiles et les erreurs dangereuses

Éléonore Garin-Lacombe 7 min de lecture
Remede de grand mere pour faire baisser le potassium : bol, eau et conseils

Publié par : — Rédactrice spécialisée en santé

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Un remède de grand-mère pour faire baisser le potassium ne remplace pas un avis médical. Un excès de potassium dans le sang peut perturber le rythme cardiaque, parfois sans provoquer de symptômes évidents. Lorsque la hausse est légère et qu’un professionnel a recommandé une alimentation adaptée, les mesures les plus utiles se prennent surtout en cuisine : choisir des aliments moins riches, modifier leur préparation et éviter certaines boissons ou substitutions de sel.

Un taux de potassium élevé ne se traite pas seul dans l’urgence

La kaliémie correspond à la quantité de potassium présente dans le sang. Elle se situe habituellement entre 3,5 et 5,0 mmol/L. Au-delà de 5,0 mmol/L, on parle d’hyperkaliémie. Les reins éliminent normalement l’excédent par les urines. Une insuffisance rénale, une déshydratation, certains médicaments ou un apport trop important peuvent toutefois perturber ce mécanisme.

Quiz : Comprendre la gestion du potassium

Avertissement : Ce quiz est à but informatif et ne remplace en aucun cas un avis médical professionnel.

Une fatigue inhabituelle, des fourmillements, une faiblesse musculaire, des palpitations ou un malaise doivent conduire à demander rapidement un avis médical. En cas de douleur thoracique, d’essoufflement, de palpitations importantes, de malaise ou de faiblesse soudaine, contactez les urgences. Aucune boisson, tisane ou préparation maison ne peut corriger de manière sûre et rapide une hyperkaliémie.

Un résultat élevé à la prise de sang doit être interprété par le médecin qui connaît votre fonction rénale et vos traitements. Ne modifiez jamais seul un traitement destiné au cœur, à la tension ou aux reins. Les IEC, les sartans, certains diurétiques et d’autres médicaments peuvent modifier la kaliémie ; leur arrêt sans encadrement peut donc être risqué.

Le réflexe le plus efficace : adapter les aliments du quotidien

Quand un régime pauvre en potassium est indiqué, l’objectif n’est pas de tout supprimer. Il consiste à réduire les principales sources et à surveiller les portions. La préparation compte aussi : un même légume peut avoir une place différente dans l’assiette selon qu’il est servi cru, en soupe avec son eau de cuisson ou égoutté après une double cuisson. Cette méthode aide à conserver une alimentation variée tout en limitant les apports.

Aliments à limiter selon les consignes reçues

Les aliments riches en potassium ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Lorsque la kaliémie est élevée, ils peuvent toutefois devoir être espacés ou consommés en petites quantités. Les principaux aliments concernés sont les bananes, les fruits secs et oléagineux, le chocolat, les légumineuses, les pommes de terre, les tomates concentrées, les épinards, les avocats ainsi que de nombreux jus de fruits ou de légumes.

  • Évitez les grandes portions de soupe, de bouillon de légumes et de purée préparée avec l’eau de cuisson.
  • Limitez les fruits secs, les abricots secs, les dattes, les noix et les mélanges apéritifs.
  • Surveillez les produits très concentrés, comme le concentré de tomate, les bouillons, les jus, les smoothies, les substituts de repas et les eaux de coco.
  • Lisez l’étiquette des produits « sans sel » : certains contiennent du chlorure de potassium à la place du sodium.

Des alternatives simples à mettre au menu

Selon les quantités autorisées par le soignant, les repas peuvent plus facilement s’organiser autour du riz, des pâtes, de la semoule, du pain, des œufs, de la viande ou du poisson en portions adaptées. Les légumes doivent être préparés selon les recommandations reçues. Côté fruits, la pomme, la poire, le raisin, les fruits rouges ou la pêche sont souvent plus faciles à intégrer qu’une banane ou qu’un fruit séché, sans que cela dispense de respecter les portions prévues.

La régularité compte davantage qu’un régime radical suivi pendant quelques jours. Remplacer progressivement les aliments très concentrés est plus réaliste et plus facile à maintenir. En cas d’insuffisance rénale, un diététicien peut ajuster les menus et aider à éviter les carences.

La double cuisson : le vrai geste de cuisine traditionnel

Le potassium se dissout dans l’eau. Le trempage, l’épluchage et la cuisson à grande eau peuvent donc aider à en retirer une partie dans certains légumes. La double cuisson peut réduire leur teneur en potassium de 30 à 50 %. Cette technique ne traite pas une hyperkaliémie, mais elle peut rendre certains plats plus compatibles avec les recommandations alimentaires.

La méthode pas à pas

  1. Épluchez les légumes et coupez-les en petits morceaux pour augmenter la surface en contact avec l’eau.
  2. Faites-les tremper dans une grande quantité d’eau, puis jetez l’eau de trempage.
  3. Faites-les cuire dans une première eau bouillante. Égouttez-les soigneusement et jetez cette eau.
  4. Terminez la cuisson dans une nouvelle eau, puis égouttez de nouveau avant de servir.

Ne réutilisez pas l’eau de cuisson pour préparer une soupe, une sauce ou un bouillon. Une partie du potassium éliminé s’y retrouve. Si la réduction du potassium est prioritaire, la cuisson à l’eau est à privilégier par rapport à une cuisson qui ne permet pas d’évacuer l’eau. Le trempage et l’épluchage s’intègrent ainsi à une préparation ordinaire, sans transformer le repas en traitement maison.

Hydratation, eaux minérales et tisanes : ce qu’il faut vraiment retenir

Boire suffisamment peut soutenir l’élimination urinaire chez une personne dont les reins fonctionnent correctement. Un repère fréquemment cité est au moins 1,5 litre d’eau par jour, mais cette quantité ne convient pas à tout le monde. En cas d’insuffisance rénale, d’insuffisance cardiaque ou de restriction hydrique prescrite, suivez la quantité indiquée par le médecin.

Eau Teneur indiquée en potassium Repère pratique
Evian 1 mg/L Faible teneur
Salvetat 3 mg/L Faible teneur
Badoit 10 mg/L À comparer selon les besoins
Vichy St Yorre 132 mg/L Très riche, à éviter sans avis médical

L’eau du robinet contient généralement entre 1 et 3 mg/L de potassium. Certaines eaux gazeuses ou très minéralisées en apportent davantage. Consultez l’étiquette plutôt que de choisir une eau pour sa réputation « détox » : ce terme ne garantit ni une faible teneur en potassium ni un effet sur la kaliémie.

Les tisanes de pissenlit, d’ortie, de prêle ou de queues de cerise sont parfois présentées comme diurétiques. Elles ne constituent pas une solution fiable pour faire baisser le potassium et peuvent être inadaptées en cas de maladie rénale, de traitement diurétique ou de restriction hydrique. Avant toute cure de plantes, demandez conseil au pharmacien ou au médecin.

Bicarbonate, activité physique et autres fausses bonnes idées

Le bicarbonate de soude ne doit pas être pris de sa propre initiative pour faire baisser le potassium. Il peut modifier l’équilibre acido-basique et apporter beaucoup de sodium. Son emploi éventuel relève d’une indication et d’un dosage médicaux précis. Sa popularité ne suffit pas à démontrer son efficacité contre l’hyperkaliémie.

L’exercice intense n’est pas non plus une stratégie à improviser. Même si la transpiration participe aux pertes minérales, jusqu’à 1 000 mg de potassium pour 4 litres de sueur, l’effort peut modifier temporairement la kaliémie et devenir dangereux en cas de trouble cardiaque ou rénal. Une activité modérée, validée par le soignant, reste préférable.

En pratique, le meilleur « remède » consiste à suivre le plan établi après le bilan sanguin : alimentation adaptée, gestion des boissons, contrôle des médicaments et nouvelle prise de sang si elle est prescrite. Une recette maison ne peut pas remplacer ce suivi. En présence de symptômes ou d’un taux fortement élevé, demandez un avis médical sans attendre.

Éléonore Garin-Lacombe
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